Pas de confinement pour l’infodémie ?

Les contenus de cette catégorie du panel d’Oxford ont ainsi donné lieu, cette semaine, à 9 millions d’engagements, loin devant les engagements suscités par les autres sources/plateformes.
pas de confinement pour l’infodemie ?

Bien que l’“infodémie” donne lieu à pléthore d’articles, et leur cortège navrant de topito-like (“Le top 10 des fake news sur le Covid-19”) ou à des exercices de fact-checking, plus ou moins pertinents à condition d’éviter l’écueil de la création d’artefacts journalistiques basés sur une extrapolation de phénomènes épars et anecdotiques, l’analyse des narratifs que la crise sanitaire suscite demeure un exercice riche en enseignements.

Dans cet exercice, et de manière constante, les travaux de l’Oxford Internet Institute et du Computational Propaganda Project (COMPROP) nous permettent d’avoir un aperçu global des menées dans la couche sémantique du cyberespace, notamment de la part des state-backed media. Dans leur update hebdomadaire consacré à la circulation des narratifs s’inscrivant dans une logique de désinformation relative au Covid-19, les chercheurs de COMPROP se sont notamment intéressés à l’impact sur les réseaux sociaux des contenus disséminés par des sites internet de santé, à la fiabilité douteuse, ainsi qu’aux engagements suscités par des médias proches de gouvernements (Russie, Chine, Iran ou encore Turquie, pour les pays principalement étudiés par les chercheurs d’Oxford).

Concernant le premier niveau de médias, les chercheurs les définissent comme étant enclins à du sensationnalisme, de l’extrémisme ou encore à des approches alternatives (conspirationnistes notamment). L’activité de ces acteurs et leur capacité à cadrer et disséminer des informations fallacieux, soit à des fins pécuniaires, soit pour désinformer et manipuler l’opinion, sont d’autant plus stratégies à évaluer que, et comme la note le rappelle, “les mythes autour du coronavirus sont potentiellement mortels” (panique, défiance, trouble ou encore fragilisation des systèmes politiques). Les contenus de cette catégorie du panel d’Oxford ont ainsi donné lieu, cette semaine, à 9 millions d’engagements, loin devant les engagements suscités par les autres sources/plateformes.

Évidemment, ces données doivent être contextualisées, et nuancées (quid de la composition du panel “junk news” par exemple), mais cela témoigne, et au demeurant cela n’a, en 2020, rien de bien nouveau, de la capacité de ces informations fallacieuses sur la thématique sanitaire à agréger des communautés significatives.

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