La culture confinée mais vivante à l’ère du Covid-19

Avec ce que les réseaux sociaux permettent de véhiculer, ce que le numérique permet de reproduire, les lieux de culture se sont déployés dans les foyers, offrant à chacun un kit de survie culturel.
la culture confinee mais vivante a l’ere du covid-19

Dépourvue de scène, la culture est ébranlée, le comédien a abandonné les planches de théâtre, la cantatrice et les danseurs celles de l’opéra, les musées ont fermé leurs galeries, le rideau est tombé. Privés de ce qu’ils chérissent tant, les acteurs, observateurs avérés ou amateurs de la vie culturelle, ont depuis le début de la crise sanitaire, avec plus de vigueur encore ces dernières semaines, exprimé et regretté l’épreuve faite, par le Covid-19, à la vie des arts. Cinémas, musées, salles de spectacle et de concert, bibliothèques, monuments, théâtres, festivals, conservatoires, écoles de danse, galeries d’art… ont été contraints de fermer leur portes. Bien que privée de ses lieux d’exposition, en raison de la crise sanitaire, la culture est sortie de son format habituel, mais s’est démocratisée, en marge des nouvelles habitudes culturelles.

Avec ce que les réseaux sociaux permettent de véhiculer, ce que le numérique permet de reproduire, les lieux de culture se sont déployés dans les foyers, offrant à chacun un kit de survie culturel. De Londres à Amsterdam, en passant par Paris, les musées ont ouvert les portes digitales de leurs galeries et expositions. La Jeune Fille à la perle de Vermeer est devenue une inspiration pour un jeu artistique, qui consiste à reproduire chez soi les œuvres des peintres les plus célèbres. Un défi artistique lancé par trois Néerlandaises confinées, qui ont fait du “#tussenkunstenquarantaine” un défi mondial, relayé par Le Louvre ou encore le Getty Museum de Los Angeles donnant naissance au “#GettyChallenge”. Les confinés se sont ainsi appliqués à reproduire fidèlement les tableaux de Rembrandt, Picasso, Matisse, Klimt ou bien de Braque.

Si la culture est vivante à travers ses manifestations, elle l’est aussi sous l’égide de ses revendications. Du cri d’alarme de Jean-Jacques Aillagon, à la tribune d’Aurélie Filippetti appelant à réinventer la politique par la culture, en passant par Isabelle Adjani qui appelle à “déclarer l’état d’urgence culturel”. Des revendications plus marquantes encore lorsqu’elles sont portées collectivement par les figures du cinéma français dans une tribune, publiée le jeudi 30 avril dans Le Monde, pour demander au chef de l’État de prolonger le droit des intermittents du spectacle. Un combat prolongé sur Twitter via la création d’un compte “Culture Oubliée”. Un appel entendu par le chef de l’État qui, en ce mercredi 6 mai, vient d’annoncer des mesures à destination du monde de la culture. Un monde qui par les écrans, vit, se rebelle, et plus que jamais existe.

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