Loi cyberhaine, pour en finir avec l’hystérie collective

Plus de 500 000 mentions sur les 7 derniers jours, avec une nette accélération le mardi 12 mai, à la veille du vote à l’Assemblée. Autant dire que le sujet a suscité l’intérêt…
loi cyberhaine, pour en finir avec l’hysterie collective

Dire que la loi cyberhaine, adoptée mercredi à l’Assemblée nationale a déchaîné les passions collectives, dans cette période de clair-obscur, où déconfinement oblige on peut prendre la ligne 13 sans problème alors même qu’il demeure impossible de pêcher à la ligne au bord de la mer, est un doux euphémisme.

Plus de 500 000 mentions sur les 7 derniers jours, avec une nette accélération le mardi 12 mai, à la veille du vote à l’Assemblée. Autant dire que le sujet a suscité l’intérêt, bien aidé il faut le reconnaître par les révélations faites par Mediapart concernant les correspondances entre la députée, portant la PPL, et ses collaborateurs. Si l’on peut, à raison, se questionner sur le timing ayant conditionné la révélation de ces échanges, qui ressemble, à s’y méprendre, à une forme de Blitzkrieg désespérée ou aux dernières cartouches de francs-tireurs aguerris, il est également opportun de réinsérer cette proposition de loi dans ses ressorts, motifs et finalités. Il est facile, comme l’a d’ailleurs fait toute une frange des observateurs et chercheurs spécialisés dans les médias, les réseaux sociaux et l’opinion en ligne, depuis plusieurs mois, de se jeter dans une dénonciation tous azimuts de cette esquisse de nouvelle brique législative, au nom de la liberté d’expression. Ce Va, pensiero sur les réseaux sociaux et cet hymne à la liberté, dont on présuppose qu’elle sera irrémédiablement bafouée et outragée est touchant et pathétique, au sens étymologique du terme bien entendu.

Le même choeur s’était déjà fait entendre à l’occasion des débats suscités par la loi contre la manipulation de l’information, ou loi fake news, adoptée par le Parlement le 20 novembre 2018. Qu’a réellement changer cette loi dans la conversation en ligne ? Rien, comme souvent. Au mieux, elle aura constitué un signal envoyé aux puissants GAFAM, dont les CGU et autres réglementations, sont, en l’espèce, bien plus coercitives que nos velléités étatiques. Que changera la loi cyber haine ? Les optimistes et autres hygiénistes contemporains doivent, sûrement, espérer qu’elle permettra d’en finir une bonne fois avec l’esprit querelleur de nos contemporains pour citer Audiard. Mais dans les faits, et à rebours des cris d’orfraie des avocats d’une liberté d’expression fantasmée et sublimée, cette loi, à l’image de sa devancière, ressemble à s’y méprendre à un pur acte de foi aux lendemains douteux.

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