Non, le vote électronique n’est pas au programme d’Emmanuel Macron

Gabriel Attal

C’est une vidéo qui a beaucoup tourné ces derniers jours dans les rangs souverainistes de toutes obédiences, et où l’on voit Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, affirmer son soutien à une généralisation du vote électronique pour l’élection présidentielle de 2022, en raison notamment du contexte sanitaire. Une vidéo véridique sur laquelle se greffe des accusations erronées : non, le vote électronique ne figure pas dans le programme d’Emmanuel Macron, qui n’a aucun pouvoir pour en accélérer la mise en place. Surtout, le vote électronique évoqué par Gabriel Attal ne signifie pas vote à distance depuis son ordinateur personnel.

Reprenons d’abord les propos de Gabriel Attal tels qu’ils figurent dans la vidéo d’une trentaine de secondes qui circule largement sur les réseaux sociaux : “Il y a un engagement dans le cadre de la campagne présidentielle, je crois que c’est attendu par de nombreux Français, de permettre un vote électronique aux Français qui le souhaitent. Et cet engagement, il est renforcé par la crise sanitaire, qui doit nous conduire à donner davantage de moyens de participer aux élections comme c’est d’ailleurs le cas dans un grand nombre de pays, y compris chez nos voisins, et comme c’est déjà le cas d’ailleurs en France. Je suis moi-même élu d’une circonscription où 2 des communes de ma circonscription ont un vote électronique avec des bornes électroniques qui fonctionnent“.

Gabriel Attal s’y exprime dans le cadre de ses fonctions gouvernementales avec, derrière lui, les drapeaux français et européens ainsi que le sceau de la présidence de la République. Autant d’éléments qui donnent un caractère officiel à ses déclarations, mais qui ne préjugent pas des arbitrages d’Emmanuel Macron pour son futur programme présidentiel. Surtout, et même si le sujet n’est pas nécessairement polémique, le vote électronique existe d’ores et déjà en France dans une centaine de villes depuis 2007. Un mode de scrutin parfaitement légal, mais qui n’a séduit jusqu’à présent qu’une infime minorité de municipalités.

Gabriel Attal ne fait donc en réalité que de soulever l’idée d’une plus grande utilisation de ce mode de scrutin en raison de la crise sanitaire. Un argument contestable pour des raisons pratiques (le vote électronique n’est pas nécessairement plus rapide ou moins risqué), mais en aucun cas polémique. D’autant plus qu’il ne peut pas s’agir d’une promesse de campagne puisque la décision d’installer ou non des bornes électroniques revient aux mairies.

Mais l’essentiel n’est pas là. Si les cercles souverainistes attaquent Emmanuel Macron sur la question du vote électronique, c’est de toute évidence pour créer de la confusion entre vote électronique et vote à distance. Un mode de scrutin qui serait évidemment beaucoup plus problématique en matière de garantie de sa sincérité. Il n’en est nullement question ni dans le programme d’Emmanuel Macron, ni dans les propos de Gabriel Attal.

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