Non, 46% des étudiants ne sont pas obligés de travailler pendant leur année scolaire, comme l’affirme Christiane Taubira

Nouvelle entrante dans la course à la présidentielle, Christiane Taubira doit désormais présenter son programme aux Français. Invitée du 7/9 de France Inter mardi 18 janvier, la candidate socialiste a notamment évoqué sa proposition pour les jeunes, avec la création d’un revenu étudiant de 800 euros. L’objectif ? Leur permettre d’être focalisés sur leur cursus. En effet, selon l’interviewée, pas moins de 46% des étudiants sont obligés de travailler pendant leur scolarité pour vivre. Un pourcentage surestimé aux yeux de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE).

D’où sort la statistique avancée par Christiane Taubira de 46% d’étudiants qui travaillent par obligation ? Elle provient de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE), un organisme de recherche qui a pour mission de renseigner des conditions de vie et de scolarité des étudiants. L’OVE a mené une enquête en 2016 sur l’activité rémunérée des étudiants. En effet, le rapport indique que 46% d’entre eux ont une activité rémunérée pendant leur année universitaire. Cependant, parmi ces 46%, tous ne travaillent pas par obligation, comme ce qu’avance l’ancienne garde des Sceaux.

Le questionnaire soumis à 60 700 jeunes (84% des étudiants français) comptait 4 catégories de motivations pour une activité rémunérée : l’activité « me permet d’occuper mon temps libre », « d’acquérir une expérience professionnelle », « m’assure l’indépendance à l’égard de mes parents », « d’améliorer mon niveau de vie » ou bien « m’est indispensable pour vivre ». Avec un choix de réponses allant de « tout à fait d’accord » à « pas du tout d’accord ». Si nous conservons les répondants les plus d’accord avec l’option « elle m’est indispensable pour vivre », ils sont 54,4%. Sur l’ensemble de l’échantillon cela représente donc « seulement » 21%. De plus, Christiane Taubira base sa proposition sur des statistiques obsolètes.

Effectivement, ce que la candidate ne précise pas au micro de France Inter, c’est que l’OVE a conduit une nouvelle enquête sur les conditions de vie des étudiants en 2020. Une recherche actualisée et basée sur un échantillon de 100 000 jeunes représentatifs de 83% de la population étudiante française. Selon l’organisme, 40% des étudiants exercent une activité rémunérée pendant l’année universitaire. Une chute de 6 points en 4 ans. Parmi eux, 51,2% précisent que ce travail leur est indispensable pour vivre. En prenant en compte l’intégralité des étudiants sondés, cela correspond à 20%, soit un point de moins par rapport à 2016.

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