Les candidats et leur patrimoine : une longue histoire de rumeurs et de boules puantes

Palais de l'Elysée

C’est un vieux marronnier des campagnes présidentielles. Le patrimoine des candidats est scruté à chaque élection, et produit son lot de rumeurs et de boules puantes, visant à déligitimer les uns ou les autres. Gauche ou droite, la plupart des candidats ont fait ou font l’objet de ce type de tentatives de déstabilisation.

On se souvient qu’en 2017, le patrimoine du candidat Emmanuel Macron “suscitait des interrogations” dixit Le Monde. En cause, des rumeurs circulant sur les réseaux sociaux qui s’interrogeaient sur une éventuelle sous-déclaration de celui qui allait remporter le scrutin, liée notamment à ses anciennes activités de banquier d’affaires. Il n’en était rien, mais la question est demeurée comme un fil rouge tout au long de la campagne, à la grande satisfaction de ses adversaires. Ce qui n’a pas empêché Emmanuel Macron d’être élu président de la République.

A gauche, c’est le leader de la France Insoumise, qui est le plus souvent victime de ces rumeurs (même si la maisons à Mougins de François Hollande avait été un sujet important de la campagne 2012), qui s’articulent essentiellement autour de son domicile parisien, souvent surestimé par ses adversaires, et de prétendues résidences secondaires que Jean-Luc Mélenchon possèderait. Comme nous l’avons expliqué dans un précédent article, il n’en est rien, et le candidat de la France Insoumise ne possède qu’un seul appartement. D’autres rumeurs sur son train de vie (et une prétendue retraite à 36’000 euros) sont tout autant mensongères.

Récemment, c’est Valérie Pécresse, la candidate des Républicains, qui fait l’objet d’une de ces rumeurs patrimoniales. En question, des actions détenues par son mari et placées dans un trust, à l’origine de rumeurs sur les réseaux sociaux concernant leur prétendue non déclaration. En réalité, la candidate de la droite a bel et bien déclaré l’ensemble de ses actifs à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), et ce pseudo-scandale n’est en réalité qu’une énième variation sur le thème du patrimoine des hommes politiques.

Une boite à fantasme bien connue, dont Marine Le Pen est également victime, puisque ses adversaires répètent à l’envie qu’elle possède un patrimoine de plus de 5 millions d’euros, ce qui est absolument faux. Dans tous ces cas de figure, l’objectif est le même. Il vise à éloigner les candidats de leurs électeurs en les faisant passer pour plus riches qu’ils ne sont, et en faisant monter le spectre du soupçon. Un “tous pourris” démagogique dont on devrait encore voir de nouveaux exemples dans les jours et les semaines à venir.

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