Louis Aliot dit-il vrai quand il indique que « le baril d’essence n’est pas plus cher aujourd’hui qu’il y a quelques années » ?

Depuis un an, le prix de l’essence a explosé, et cela se ressent sur la facture des ménages en fin de mois. Interrogé lundi 14 février sur CNews, l’élu du Rassemblement national Louis Aliot a accusé le gouvernement d’être responsable de cette flambée des prix. Car d’après le maire de Perpignan, le problème ne réside pas dans le cours du baril de pétrole, « pas plus cher aujourd’hui qu’il ne l’était il y a quelques années » mais bien dans les « taxes » sur ce produit. C’est faux, le baril est à son plus haut depuis plus de sept ans.

Trois références ressortent lorsque l’on évoque la fixation du prix du pétrole brut : le Dubaï, le pétrole brut et le Brent. Nous nous focaliserons ici sur l’évolution du Brent, indicateur le plus utilisé par les autorités françaises. Le prix actuel de ce type de pétrole connaît une augmentation soudaine et rapide, en raison des tensions géopolitiques et de la hausse de la demande.

Vendredi 11 février, le prix du baril se négociait à 96 dollars. Le même jour, le sans-plomb 95 s’est vendu à 1,74 euros le litre en moyenne, d’après la Direction générale de l’Energie et du Climat (DGEC). Une hausse qui se ressent au moment de faire son plein. A titre de comparaison, il se négociait à 80 dollars en octobre 2018. Ce qui était déjà une forte hausse, et avait un impact sur le prix à la pompe. Le prix moyen du litre de sans-plomb s’élevait à 1,56 euros.

Les niveaux actuels représentent donc bel et bien du jamais vu sur les dernières années, contrairement à ce qu’avance Louis Aliot. Il faut remonter sept ans en arrière pour trouver des prix similaires. Sur l’année 2014, le baril de Brent s’était ainsi négocié à 99 dollars, toujours selon la DGEC. Une explosion qui se faisait aussi ressentir lors du passage en station essence, mais de manière moins forte qu’aujourd’hui. Le sans-plomb revenait à 1,50 euro le litre en moyenne.

Le soutien de Marine Le Pen fait fausse route en affirmant que le prix du baril n’explose pas. Le tarif à la pompe suit clairement les courbes du cours du pétrole. Cependant, il est vrai que l’essence coûte 74 centimes plus cher qu’en 2014, pour un baril 3 euros moins cher en 2021. Un paradoxe qui peut notamment s’expliquer par la taxe carbone qui a augmenté de six centimes sur la même période.

A cette taxe environnementale, il faut ajouter l’inflation. Les prix ont en effet connu une hausse générale depuis dix ans. Sans parler de l’euro qui s’affaiblit depuis sept ans, contrairement au dollar. Les seules « taxes » évoquées par Louis Aliot ne suffisent donc pas à justifier le prix actuel de l’essence.

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