Non, Alexis Corbière n’a pas dévoilé de secret-défense, comme l’assure Fabien Roussel

Fabien Roussel, lors de Conférence de presse de lancement de la campagne FabienRoussel2022. 12 mai 2022

Le 9 mars dernier, le député France Insoumise et membre de la commission de Défense à l’Assemblée nationale Alexis Corbière était l’invité de Franceinfo. Interrogé sur la guerre en Ukraine, le député a évoqué des armes livrées par la France à l’Ukraine : « Il y en a très peu. Vous parlez des armes françaises, franchement c’est des gilets pare-balles et quelques missiles antichars ». Une déclaration qui a provoqué la colère de personnalités politiques, dont le candidat communiste Fabien Roussel dénonçant une violation du secret-défense. C’est faux.

Si la campagne présidentielle bat son plein, tous les regards sont inévitablement tournés vers l’invasion russe en Ukraine. Les candidats à l’Elysée et leurs soutiens ne peuvent pas éviter le sujet lors de leurs interventions dans les médias. Alexis Corbière n’a pas échappé à la règle. Invité sur Franceinfo le 9 mars, le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon a évoqué des armes livrées par la France à l’Ukraine. « Il y en a très peu. Vous parlez des armes françaises, franchement c’est des gilets pare-balles et quelques missiles antichars ».

Une déclaration qui a fait grand bruit. En effet, certains politiques sont montés au créneau pour dénoncer une trahison du secret-défense. A l’image de Fabien Roussel qui s’est fendu d’un tweet le jour même. « La période est grave. Elle nécessite sérieux et esprit de responsabilité. One ne communique pas sur des informations secret-défense », a regretté le candidat communiste à l’élection présidentielle.

Depuis le début de cette guerre, l’Etat français refuse effectivement de dévoiler la liste du matériel fourni aux ukrainiens en invoquant des raisons stratégiques. La ministre des Armées Florence Parly avait toutefois confirmé devant le sénat 8 jours auparavant l’envoi « de missiles et de munitions ». Mais sans plus de détails.

Les membres de la commission de Défense avaient obtenu davantage de précisions lors d’une réunion à huis clos. Réunion à laquelle Alexis Corbière n’avait pas participé. Ce dernier affirme donc avoir repris des informations de presse. Problème, aucun média n’avait affirmé le transfert de missiles antichar avant le 9 mars. C’est un article du Monde, paru quelques heures après le passage d’Alexis Corbière chez Franceinfo, qui a confirmé ses propos.

Le bras droit de Jean-Luc Mélenchon s’est donc visiblement montré un peu trop loquace. Il n’est pour autant pas coupable de violation du secret-défense. En effet, faute d’habilitation, les membres de la commission de Défense à l’assemblée nationale ne peuvent pas recevoir d’informations relevant du secret-défense. Alexis Corbière n’est donc pas dans la capacité de le trahir.

Total
0
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Article précédent

Non, la France n’est pas « dernière de la classe » en Europe au sujet des énergies renouvelables, comme l’affirme Anne Hidalgo

Article suivant

Non, l’état d’urgence n’a pas été en place durant 60% du mandat d’Emmanuel Macron, comme l’avance Jean-Luc Mélenchon

Dans la même catégorie