Jean-Baptiste Delhomme

52 articles
Jean-Baptiste Delhomme est directeur associé de l’agence IDS, spécialisé dans la compréhension des enjeux d’opinion digitale, et partner au sein de l’agence Antidox. Il intervient à l’Iscom et à Sciences Po Paris dans le cadre d’un enseignement sur l’intelligence économique et stratégique.
En savoir plus

[ÉTUDE] – Dans la tête de Sputnik

Sputnik France, l’un des deux médias russes actifs dans l’écosystème informationnel francophone, est régulièrement accusé de chercher à influencer l’opinion publique française et celle de nombreux pays africains où le français est une langue couramment parlée par la population. Afin d’évaluer son influence et décrypter les stratégies qu’il met en oeuvre, il n’est pas seulement nécessaire de connaître les objectifs poursuivis par la diplomatie russe, mais aussi d’établir la grille d’analyse la plus fine possible de son contenu, en étudiant les métadonnées. C’est l’objet de cette étude, menée dans le cadre des travaux d’OSI, qui a passé au crible plus de 170 000 articles publiés par Sputnik entre 2014 et 2020.
Lignes de code
En savoir plus

Fear of the Dark

Nous avons beaucoup écrit ces dernières semaines au sujet des révélations conjointes de Facebook et de Graphika, une société américaine d’analyse de données, sur les supposées menées informationnelles attribuées à l’armée française dans plusieurs zones géographiques, et notamment en Afrique. Avec du recul, (rappelons que les premières révélations datent de la mi-décembre), il nous semble que nous sommes passés à côté de l’essentiel et de la vraie question : ce type d’opérations est-il adéquat, opportun, pertinent et légitime ?
Logo anniversaire pour les 20 ans de Wikipédia
En savoir plus

Comment Wikipédia est passé du statut de “mauvais élève” à celui de modèle alternatif d’organisation de l’information

La presse française et internationale s’est largement fait l’écho, la semaine dernière, des 20 ans de Wikipédia, en soulignant au passage la manière dont ce site collaboratif, fortement critiqué à ses débuts pour son manque de fiabilité, s’est imposé comme une référence incontournable dans le paysage du web contemporain. De là à ce que l’éthique procédurale qui structure une partie de l’encyclopédie en vienne à être transposée à des réseaux sociaux en crise permanente, il n’y a qu’un pas - que certains observateurs, chercheurs et acteurs politiques songent, de plus en plus, à franchir.
Le court-bouillon de Mazarin
En savoir plus

Des mazarinades aux réseaux sociaux, ou l’intangibilité des ressorts de l’opinion publique

Recours à des modérateurs, exigence de responsabilité, volonté accrue de régulation, espace public numérique confronté à un supposé déferlement de rumeurs, de fake news, de désinformation et autres discours de haine : ces différentes problématiques mises à l’agenda par les pouvoirs publics ont entraîné l’avènement de nouvelles politiques publiques destinées à réguler le web.
Médecin en blouse blanche
En savoir plus

Les experts aux origines de la crise de confiance

De Didier Raoult au professeur Perronne en passant par le cortège de personnalités qui ont défilé en novembre devant les caméras des documentaristes d’Hold-Up, ce sont des élites qui ont conduit dans leurs errements de larges pans de l’opinion. Si l’année qui s’ouvre est d’ores et déjà celle de la défiance, encore faut-il questionner la responsabilité des clercs.
Bangui
En savoir plus

Bangui, nid d’espions sociaux

Mi-décembre, le réseau social Facebook a communiqué sur la mise au jour, suivie du démantèlement, d’une série de réseaux de faux comptes attribués à la France et à la Russie, engagés dans une campagne coordonnée et "inauthentique" de manipulation de l’opinion. Par-delà cette annonce, ces révélations contribuent à jeter un nouveau coup de projecteur sur les terrains où se mène, au quotidien, la bataille des narratifs. Elles interrogent également sur les moyens employés, ainsi que les objectifs poursuivis par les différents acteurs étatiques.
Vote aux US
En savoir plus

Quelles leçons tirer des élections US pour la prochaine présidentielle française ?

Gestion du risque Covid-19, interventionnisme accru des réseaux sociaux, importance démultipliée de l’analyse d’opinion, des bases de données et des nouveaux vecteurs d’influence : la campagne présidentielle américaine de 2020 apparaît moins marquée par l’irruption d’innovations radicales que par l’adaptation à de nouvelles contraintes, tant sanitaires que numériques.
affiche du documentaire hold-up
En savoir plus

« Hold-Up » : A qui la faute ?

En s’obstinant à nier les pénuries d’équipements sanitaires au printemps malgré l’évidence manifeste, en niant l’efficacité des masques avant de le rendre obligatoire quelques mois plus tard (jusqu’à demander que ceux-ci soient portés à domicile en présence de tiers), le gouvernement a fortement entamé sa crédibilité et ouvert la voie aux élucubrations les plus farfelues : l’existence d’un agenda caché autour du Covid-19, Bill Gates et la 5G, les nano-particules injectées dans l’organisme, l’asservissement des « inutiles » condamnés à acheter des iPhone 12 et à remplir leurs caddies ou encore le « Grand Reset » du Forum Économique Mondial. Pourquoi cela ne serait-il pas vrai si l’Etat ment depuis le début ?
capture d'écran doom
En savoir plus

You can’t have your cake and eat it

Abdoullakh A. était sur Twitter, derrière le pseudo @Tchetchene_270. Brahim C. était sur Facebook, sans pseudo quant à lui. Les vidéos de Brahim C. et d’Adbelhakim S. ont circulé sur Facebook, YouTube, ainsi que sur des plateformes messageries comme WhatsApp. Il n’en fallait pas plus pour faire remonter à la surface nombre de serpents de mer ayant trait au monde numérique. Il n’en fallait pas moins pour que les tenants du tour de vis en ligne, peu échaudés visiblement par les coups de boutoir adressés à leur démarche législative par un inflexible Conseil constitutionnel en juin dernier cherchent à gagner la partie sur tapis vert. Il n’en fallait pas moins pour que certains, sur des chaînes de grande écoute, au surlendemain du drame, propose de “profit[er] de cette tragédie pour faire une loi Avia validée constitutionnellement”, quitte “à changer s’il le faut la Constitution”. Or, ces différentes postures sont, au mieux contre-productives, au pire dangereuses pour notre sécurité nationale. De même que sont tout aussi contre-productives et dangereuses les discours tendant à l’immobilisme et à l’inaction.