Un patrimoine sans patrie ?

Nous avons un quart de siècle de recul à la fois pour mesurer l’efficacité d’une intention et juger de sa cohérence. Ce qui pourrait se formuler ainsi : comment a-t-on « scientifiquement » défini la valeur universelle pour en faire une catégorie juridique ? Plus malicieusement : comment des représentants d’États ont-ils parlé au nom de l’humanité ou des générations futures et oublié leurs intérêts nationaux ou leurs revendications identitaires ? Plus médiologiquement : comment une organisation matérialisée (le Comité qui établit la liste, des ONG, des experts qui le conseillent…) a-t-elle transformé une croyance générale en fait pratique ? Comment est-on passé de l’hyperbole au règlement ? De l’idéal à la subvention ?
un patrimoine sans patrie ?

Un patrimoine sans patrie… Des monuments enracinés dans un terroir mais protégés de la Terre entière… Ce qui fut édifié en un temps, en un lieu par certains, pour certains, peut-il donc signifier pour tous, toujours, partout ? Oui, répond-on au seuil des années soixante-dix. De l’universalité des valeurs découle l’universelle obligation de solidarité, du caractère général des dangers qui menacent le patrimoine, l’urgence d’en proclamer l’importance mondiale. C’est ce qu’affirme un texte normatif, la Convention internationale pour la protection du patrimoine mondial culturel et naturel adoptée en 1972 à l’initiative de l’Unesco.

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